Page de repères, hors frise
Les mots des applications en réseau
Les termes employés dans cette chronologie, définis en langage courant et bornés à l'usage qui en est fait ici. Chaque définition tient en trois ou quatre lignes, pour être lue debout.
Définitions Méthode 10 min de lecture
Comment lire une date ici
Les dates sont écrites en jj/mm/aaaa quand le jour est établi. Quand seul le mois l'est, la date s'arrête au mois ; quand seule l'année l'est, elle s'arrête à l'année. Aucune date n'est reconstituée par déduction. La chronologie se lit du plus ancien au plus récent, à l'inverse de l'usage courant sur le web, parce qu'une histoire de causes et de conséquences se suit dans le sens du temps.
Un repère daté raconte un fait situé. Une tendance sans date, elle, reste dans le texte de présentation des périodes : elle n'entre jamais dans la frise, où elle occuperait la place d'un fait vérifiable.
Les mots du transport

- Protocole
- Un accord sur la forme des messages échangés entre deux machines : ce qu'on envoie, dans quel ordre, et comment on comprend la réponse. Sans accord préalable, deux programmes qui reçoivent les mêmes octets en tirent des conclusions différentes.
- HTTP
- Le protocole du web. Un client envoie une requête, un serveur renvoie une réponse composée d'un code de statut, d'en-têtes et d'un contenu. Chaque échange est indépendant du précédent.
- Sans état
- Se dit d'un serveur qui ne conserve aucun souvenir entre deux requêtes. C'est ce qui permet de répartir la charge sur plusieurs machines interchangeables, et ce qui a rendu nécessaire l'invention du témoin de connexion pour reconnaître un visiteur.
- HTTPS et TLS
- Le même protocole, transporté dans un tunnel chiffré. TLS assure trois choses : personne ne lit l'échange, personne ne le modifie, et le serveur contacté est bien celui qu'il prétend être.
- Latence
- Le temps d'aller-retour d'un message, indépendamment du débit. Une connexion très rapide mais lointaine reste lente pour une page qui enchaîne les requêtes : c'est ce que le multiplexage de HTTP/2 cherche à réduire.
- QUIC
- Le transport sur lequel repose HTTP/3, construit au-dessus d'UDP. La perte d'un paquet n'interrompt plus les autres flux de la même connexion, ce qui se remarque surtout sur les réseaux mobiles.
| Version | Date | Apport principal |
|---|---|---|
| HTTP/0.9 | 1990-1991 | Une requête, une réponse, rien d'autre |
| HTTP/1.0 | 1996 | En-têtes et codes de statut |
| HTTP/1.1 | 1997 | Connexions persistantes, en-tête Host |
| HTTP/2 | 2015 | Requêtes multiplexées, en-têtes compressés |
| HTTP/3 | 2022 | Transport QUIC, tolérance à la perte |
Les mots de la page
- HTML
- Le format qui décrit la structure d'un document : titres, paragraphes, listes, liens, tableaux. Il dit ce que le contenu est, pas de quoi il a l'air.
- CSS
- Le langage qui décrit la présentation. Séparer les deux, acquis en 1998, permet de changer d'apparence sans retoucher le contenu, et d'afficher le même document autrement selon la place disponible.
- DOM
- La représentation du document sous forme d'arbre, telle que le navigateur la tient en mémoire. C'est l'objet que le code manipule pour modifier ce qui est affiché.
- Requête de média
- Une règle de style qui ne s'applique que dans certaines conditions, le plus souvent au-delà ou en deçà d'une largeur donnée. Pièce centrale du responsive web design.
- Rendu
- L'opération qui transforme un document et ses styles en pixels. Selon l'architecture choisie, le HTML qui alimente ce rendu est produit sur le serveur, à la publication, ou dans le navigateur lui-même.
Les mots de l'échange

- API
- Le contrat par lequel un programme expose des fonctions à un autre programme : quelles adresses appeler, quels paramètres envoyer, quelle forme aura la réponse. Une interface destinée aux machines, pas aux personnes.
- JSON
- Un format d'échange de données textuel, dérivé de la notation des objets en JavaScript. Plus léger que XML et directement lisible par le code de la page, il l'a supplanté dans la plupart des usages malgré la lettre X du sigle Ajax.
- XMLHttpRequest
- L'objet qui envoie une requête depuis la page sans provoquer de navigation. Apparu en mars 1999, il est aujourd'hui remplacé dans les projets neufs par une interface fondée sur les promesses.
- WebSocket
- Un canal ouvert en permanence entre la page et le serveur, dans les deux sens. Il remplace l'interrogation répétée, où le client demandait toutes les quelques secondes s'il y avait du nouveau.
Les mots de l'installation
- Service worker
- Un script qui s'exécute en dehors de la page et s'intercale entre elle et le réseau. Il décide, requête par requête, de répondre depuis une réserve locale ou de laisser passer. Détail du mécanisme.
- Manifeste
- Un fichier de description qui donne au site un nom, des icônes et un mode d'affichage. C'est lui qui permet à une adresse ajoutée à l'écran d'accueil de s'ouvrir hors de l'onglet.
- Progressive web app
- Un site qui acquiert progressivement les attributs d'une application installée. Le terme ne désigne pas un seuil à franchir mais une pente : un site peut n'en avoir aucun, quelques-uns, ou tous.
Les mots de la mesure
- Temps de réponse initial
- Le délai entre l'envoi de la requête et l'arrivée du premier octet de réponse. Il mesure la réactivité du serveur et du réseau, pas la vitesse d'affichage.
- Affichage du contenu principal
- Le moment où le plus grand élément visible de la page est peint. C'est la mesure qui approche le mieux l'impression de « page arrivée ».
- Stabilité visuelle
- La mesure des déplacements d'éléments pendant le chargement. Un bouton qui se décale au moment où l'on clique dessus est un défaut mesurable, pas une fatalité.
- Hydratation
- L'opération par laquelle une page produite sur le serveur devient interactive dans le navigateur : le code reprend la main sur un affichage déjà présent. Son coût explique une part du retour du rendu serveur dans la période récente.
Cinq confusions fréquentes
- Internet et web. Internet est le réseau et ses protocoles de transport ; le web est un service qui circule dessus, au même titre que le courrier électronique. Le web a été annoncé en 1991, le réseau existait depuis longtemps.
- Site et application. La frontière n'est pas technique : les deux emploient les mêmes protocoles et les mêmes formats. Elle tient à la quantité d'état conservée et au nombre d'actions possibles.
- JavaScript et Java. Deux langages différents, rapprochés par un accord commercial de 1995.
- HTTPS et confiance. Le cadenas garantit que l'échange est chiffré et que le serveur correspond au nom demandé. Il ne dit rien du sérieux du contenu.
- Adaptatif et léger. Une page adaptative se réorganise selon la largeur, mais envoie par défaut le même poids à tous les appareils.