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La Trame

Chronologie des applications en réseau · 1990-2025

Chronologie · deuxième période

2000-2009

La décennie commence par cinq années sans progrès visible : un navigateur occupe presque tout le parc et cesse d'évoluer. Elle se termine avec un moteur d'exécution assez rapide pour faire tourner une interface complète dans une page, et avec le même langage disponible des deux côtés du réseau.

Entre les deux, deux bascules. La première est technique : on cesse de recharger la page entière pour mettre à jour un fragment. La seconde est matérielle : le navigateur entre dans un téléphone, et avec lui la question de savoir si l'avenir appartient au site ou à l'application installée.

Baie de serveurs ouverte dans une petite salle technique, câbles réseau jaunes et bleus regroupés le long du montant.
Tant que chaque clic déclenche une page complète, le coût d'un service se mesure en machines. Réduire les allers-retours est d'abord une décision d'exploitation avant d'être un choix d'interface.

20001 repère

  1. XHTML 1.0 devient recommandation du W3C

    Le HTML est reformulé selon les règles de XML : balises fermées, casse fixe, structure strictement vérifiable. L'objectif est qu'un document puisse être traité par un programme autant que lu par un humain.

    Norme

20011 repère

20011 repère : 2000-2009 : le navigateur devient une plateforme
  1. Internet Explorer 6 s'installe pour longtemps

    Livré avec le système d'exploitation le plus répandu, il occupe l'essentiel du parc et ne reçoit pas de version majeure avant 2006. Écrire pour le web revient alors à écrire pour lui, y compris quand il s'écarte des normes.

    Navigateur

20031 repère

  1. Safari 1.0 ajoute un troisième moteur de rendu

    Apple part d'un moteur libre existant et publie ses modifications. Ce choix aura une conséquence longue : le même socle équipera plus tard les navigateurs mobiles de plusieurs éditeurs.

    Navigateur

20041 repère

20041 repère : 2000-2009 : le navigateur devient une plateforme
  1. Firefox 1.0 rouvre la compétition entre navigateurs

    La sortie s'accompagne d'outils destinés aux développeurs et d'un respect affiché des recommandations du W3C. Pour la première fois depuis 1998, tester une page sur deux moteurs redevient une nécessité et non une coquetterie.

    Navigateur

20052 repères

  1. Une carte que l'on fait glisser sans recharger la page

    Google Maps montre au grand public ce que la technique permettait depuis 1999 : les tuiles d'image manquantes sont demandées pendant que l'écran reste affiché. L'usage devient une démonstration.

    Usage

  2. Un article donne un nom à la technique : Ajax

    Jesse James Garrett décrit l'assemblage de briques déjà disponibles et lui donne un nom court. Nommer une pratique la rend enseignable, comparable, et donc généralisable en quelques mois.

    Méthode 9 min de lecture

20061 repère

  1. jQuery 1.0 absorbe les écarts entre navigateurs

    La bibliothèque ne propose pas de nouvelle fonction : elle propose une seule façon d'écrire ce que chaque moteur nomme différemment. Le gain n'est pas la puissance, c'est la fin des branchements conditionnels dans chaque page.

    Outil

20072 repères

  1. Un navigateur de bureau entre dans un téléphone

    L'iPhone est présenté avec un navigateur capable d'afficher les pages telles qu'elles sont écrites, et non une version allégée réservée au mobile. La question du site séparé se pose immédiatement.

    Usage

  2. L'application web est présentée comme le moyen d'écrire pour l'appareil

    Avant l'ouverture d'une boutique, le modèle proposé aux développeurs tiers consiste à publier un site consulté dans le navigateur du téléphone. Rien à installer, rien à valider : la distribution passe par une adresse.

    Usage

20082 repères

  1. L'ouverture de l'App Store renverse le modèle de l'année précédente

    L'application installée obtient ce que le navigateur mobile n'offre pas encore : accès aux capteurs, présence sur l'écran d'accueil, paiement intégré. Le web mobile perd la partie pour une dizaine d'années.

    Usage

  2. Chrome arrive avec un moteur JavaScript compilé, V8

    Le code de la page n'est plus seulement interprété ligne à ligne : il est traduit en instructions machine. Le gain de vitesse déplace la limite de ce qu'une interface peut faire sans repasser par le serveur.

    Navigateur

20091 repère

  1. Node.js : le même langage des deux côtés du réseau

    Le moteur V8 est sorti du navigateur et posé sur un serveur, avec un modèle de traitement non bloquant. Une équipe peut désormais écrire l'interface et le service dans le même langage, avec les mêmes outils.

    Architecture

Ce qui a changé de définition entre 1999 et 2009

Même vocabulaire, sens différent aux deux bouts de la décennie
Notion Vers 1999 Vers 2009
Unité affichéeLa pageL'écran, mis à jour par morceaux
Rôle du serveurProduire du HTML completFournir aussi des données brutes
Rôle du navigateurAfficher et soumettreComposer l'interface
CompatibilitéDeux branches de codeUne bibliothèque d'abstraction
TerminalPoste fixePoste fixe et téléphone
Langage serveurChoisi indépendammentParfois le même que côté page

La décennie laisse une question ouverte, que la période 2010-2025 passera dix ans à trancher : faut-il deux interfaces, l'une pour l'écran large et l'autre pour le téléphone, ou une seule capable de s'adapter ? La réponse tient dans un article de mai 2010.